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Précarité énergétique : les élèves de 1re année entrent en action !

Publié le 19 novembre 2021

Les 300 élèves de première année participent à la première édition de la journée contre la précarité énergétique. Un sujet qu’ils commencent à maîtriser sérieusement puisqu’ils s’en sont emparés dans le cadre du projet innovation qui court sur toute l’année.

Objectif : proposer des solutions innovantes et en assurer la réalisation pour contribuer à résorber cette calamité nationale qu’est la précarité énergétique.

Outre une conférence et divers ateliers, la première journée contre la précarité énergétique a été rythmée par les interventions des représentants du Geres – organisation non-gouvernementale qui lutte contre les effets du changement climatique –, de l’Observatoire national de la précarité énergétique, de l’Agence locale de l’énergie et du climat, du CPIE du Pays d'Aix et d’Enerplan, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire. Les élèves ont pu, à leur attention, formuler mille questions et observations, parfaire leurs connaissances et exposer leurs idées pour éradiquer ce que d’aucuns voudraient voir ériger en grande cause nationale.

« L’organisation actuelle de nos sociétés et de nos modes de vie nous conduit à utiliser énormément d’énergie pour la satisfaction de nos besoins quotidiens (se chauffer, se nourrir, se déplacer, se divertir, etc.). Si toute l’humanité consommait comme la France, il nous faudrait 3 planètes. Cette surconsommation engendre des pollutions et des émissions de gaz à effet de serre qui bouleversent le climat et mettent en péril les conditions mêmes de la vie de l’humanité. »

- Institut négaWatt

Un Français sur 5 concerné

Selon l’Observatoire national de la précarité énergétique, quelque 12 millions de personnes sont victimes de précarité énergétique en France. Elles souffrent du froid chez elle l’hiver, dépensent une somme anormalement élevée et croissante pour régler leurs factures de gaz ou d’électricité ou peinent à s’en acquitter. Avec l’augmentation de la pauvreté et la hausse du prix de l’énergie, le phénomène va en s’amplifiant. 

Le parc résidentiel privé compterait entre 7 et 8 millions de passoirs énergétiques, des maisons ou appartements classés F ou G au titre du diagnostic de performance énergétique. Près de 4 millions d’entre eux sont occupés par des ménages à faibles revenus. Comble de l’injustice, ces catégories modestes paient leur énergie plus cher que le reste de la population. 


Un problème complexe

La précarité énergétique a des conséquences sur la santé physique et mentale de celles et ceux qui en sont victimes, sur leurs revenus, sur leur vie sociale et sur l’environnement. 

Si des dispositifs nationaux et régionaux d’aide à la rénovation énergétique existent, ils ne suffisent pas à résorber le fléau. Ce, pour plusieurs raisons. Ils sont souvent mal orientés, longs, complexes et peu adaptés à la diversité sociale, économique, culturelle des publics. Ils demeurent ainsi inaccessibles aux plus fragiles économiquement, éloignés des équipements numériques, pourtant nécessaires pour déposer un dossier en ligne. De plus, le reste à charge s’avère trop important pour les ménages les plus vulnérables.

Un autre obstacle, non des moindres et pas le dernier : changer son système de chauffage sans isoler les murs ou les combles ne peut produire l’effet escompté.

« Nous demandons à nos élèves de trouver des solutions innovantes pour lutter radicalement et massivement contre la précarité énergétique en France ; de les maquetter et de les tester. »

- Florian Magnani, enseignant-chercheur, porteur du projet innovation

Les élèves ingénieurs mis à contribution

La précarité énergétique est le thème du projet innovation des 300 élèves de première année. Leur mission : proposer et mettre en œuvre des solutions innovantes pour résorber ce fléau national.

Le projet court sur toute l’année scolaire : de la phase de découverte du sujet à la réalisation d’une enquête, de l’analyse des besoins à l’étude de marché, du prototypage au livrable… les différents aspects de l’innovation, combinés à de la gestion de projets, seront expérimentés.

Le semestre 5 (les élèves sont recrutés à Bac + 2, soit 4 semestres après le Bac) est dédié aux phases d’exploration du sujet, de formulation et d’idéation. Au cours du semestre suivant, les étudiants passent à la phase de cadrage et d’exécution. 


Un exercice de pédagogie active et immersive

Le projet innovation vise à développer l’esprit et la démarche d’innovation. Emmenés par Florian Magnani, enseignant-chercheur, Françoise Perrin, Fabrice Pincin et Carole Énoch, tous trois enseignants, et épaulés par les membres de la chaire Hope, les élèves, répartis en groupes, conçoivent et pilotent leur projet dans son intégralité. 

Au cours de leur travail préliminaire de recherche d’informations, leur attention est portée sur la méthodologie et les outils de collecte de données, l’évaluation des sources, l’identification des plagiats et la juste utilisation des citations. 

Des ondes et signaux à la pensée design

Conformément à la consigne, les futurs ingénieurs doivent orienter leurs réflexions à partir d’une discipline scientifique dominante, mais non exclusive. Chimie, génie des procédés, économie-gestion, informatique, mathématiques, mécanique, ondes et signal, physique sont ainsi convoquées pour résoudre le problème complexe de la précarité énergétique. La « mise en concurrence » de ces domaines vise à susciter l’émulation. Quel champ scientifique se montrera le plus convaincant ? Quelles solutions seront les plus efficaces ?

L’exercice familiarise par ailleurs les élèves à la pensée design (design thinking), qui mise sur l’intelligence collective, la collaboration créative et la prise en compte des besoins des usagers. 

Une métaphore de l’ingénieur centralien

Innovation, complexité, direction de programme, management éthique et responsable, vision stratégique dessinent les contours de l’ingénieur centralien. Engagée sur les questions sociales et environnementales, Centrale Marseille a à cœur de développer ce type de travaux collectifs qui engagent les compétences professionnelles (l’action collaborative, l’organisation en mode projet, le sens de la méthode et de l’analyse technique et scientifique, la gestion des contraintes de réalisation, le respect des délais…), mais aussi les compétences humaines (capacité d’écoute, de coopération, de négociation…) de ses futurs ingénieurs. 

Somme toute, cet exercice est une métaphore de l’ingénieur centralien : ouvert sur le monde et ses enjeux ; soucieux de son impact social et environnemental ; investi dans une démarche scientifique orientée vers le bien commun.