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Emile Raison et Louis Bridlance (2022) : retour sur les débuts très prometteurs de leur entreprise Mooring Solutions

Publié le 20 décembre 2022

Louis Bridlance et Emile Raison, deux étudiants centraliens ne cessent d’enchaîner les succès et de déclencher l’enthousiasme autour de leur projet « Mooring Solution ». Après avoir gagné les Entrep’ de la région Sud et être arrivés troisième au niveau national en juin 2022, le duo a réussi à décrocher la deuxième place au start-up challenge organisé lors des alumni days à Seattle en octobre. 

Un parcours sans faute pour les deux passionnés de voile qui réussissent à fédérer toujours plus autour de leur projet qui permet de localiser les ancres marines des bateaux à l’arrêt. Le concours « start-up challenge » est réservé aux étudiants des écoles du groupe Centrale et organisé par les alumni de Centrale Lyon. Lors des trois phases de sélection, ce sont d’abord 40 projets qui sont étudiés, puis 10 candidats qui peuvent participer à la deuxième phase avant que les trois finalistes présentent leur projet face à un parterre d’alumni. 

C’est la première fois que des étudiants de Centrale Méditerranée parviennent à se hisser sur le podium de ce concours. L’occasion pour Emile Raison de nous en dire plus sur les débuts très prometteurs de Mooring Solutions. 


 

Comment a commencé l’aventure Mooring Solution ?

Avec Louis, nous nous sommes rencontrés à l’école en 2018. Nous étions tous les deux à la tête de l’association de voile « Massilia Défi Voile ». On a eu tout de suite un très bon feeling. Fin 2019, on s’est dit qu’on voulait réfléchir ensemble à un projet entrepreneurial. Nous sommes tous les deux fous de bateau et de voile. Il nous manquait une bonne idée. Tout a changé en juillet 2021, lorsque nous étions en croisière en voilier en Italie avec d’autres amis. 

Une nuit, dans une crique du nord de la Sardaigne, il y a eu un très fort coup de vent. Tous les bateaux étaient au mouillage, autrement dit, ils avaient posé leur ancre au fond de l’eau et devaient en théorie tenir grâce à elle. C’est la théorie parce que dans la pratique, pour deux ou trois bateaux à côté de nous, l’ancre n’a pas tenu. En pleine nuit, avec un vent très fort, les bateaux se sont mis à dériver. Les équipages autour de nous sont sortis en catastrophe sur le pont, nous les avons vus rallumer les moteurs, puis tenter de manœuvrer. Le tout sans savoir précisément où l’ancre se trouvait. C’était vraiment très stressant même pour nous dont l’ancre tenait bien. On a tous passé une nuit blanche de peur que les bateaux s’entrechoquent. C’est à ce moment-là que nous nous sommes rendu compte qu’il y avait peu ou pas de systèmes pour prévenir du décrochage de l’ancre au fond de l’eau et aucun système pour détecter le mouvement de l’ancre. 

C’est un problème que rencontrent de nombreux marins ?

C’est un problème très fréquent. Sur la côte ouest de la France, cet été, 350 interventions des services de secours ont été recensées pour ce problème d’ancre qui se déplace. A l’échelle nationale et internationale, c’est vraiment quelque chose qui arrive tout le temps. Les secours sont appelés et ils mobilisent des hommes pour se déplacer. 

Malgré la fréquence de ce type de problème, personne ne s’y est vraiment intéressé. En fait, ce problème d’apparence simple n’est pas évident à résoudre. Mesurer la position d’une ancre sous l’eau, c’est un défi. Par exemple, sous l’eau, on ne peut pas utiliser le GPS.  Nous allons commencer à travailler sur un prototype, nous allons réaliser des tests pour voir si différents capteurs sur l’ancre peuvent apporter une solution. 

Vous avez participé au start-up challenge, organisé lors des alumni days, comment avez-vous vécu cette expérience ? 

C’était une expérience très enrichissante. Nous avons terminé tous les deux nos stages de fin d’études fin septembre. C’était un timing parfait car nous avons pu prendre du temps en octobre sur place à Seattle pour préparer ce start-up challenge. 

Nous devions préparer un pitch de 10 minutes puis 10 min de questions. Tous les alumni présents pouvaient voter. Ils n’avaient pas entendu parler de notre idée avant notre présentation et donc ils ne s’appuyaient que sur notre présentation et nos réponses pour voter.  Le pitch s’est bien passé. 

Nous avons été accompagnés par des experts de Centrale Supélec Business Angels. Ce sont des experts qui ont l’habitude de voir des centaines de pitchs chaque année. Ils ont littéralement transformé notre présentation en l’espace de 10 jours. Nous avons beaucoup corrigé et retravaillé notre pitch avec eux. Ainsi, nous avons présenté quelque chose de très abouti. Je crois vraiment qu’on ne pouvait pas aller plus loin. Les deux coachs qui nous ont aidés, continuent de nous accompagner pendant quelques mois encore. 

Nous sommes arrivés deuxièmes avec 8000€ à la clé, et, nous sommes ravis de ce résultat. Les deux autres projets en lice étaient très bons aussi. L’autre moment fort est arrivé après notre présentation, lors de la petite pause avant le vote. En l’espace de dix minutes, trois alumni, tous expatriés aux Etats-Unis sont venus séparément nous voir pour nous proposer d’entrer financièrement au capital de l’entreprise et nous aider à la développer. C’est de bon augure.

Quelle est la suite pour Mooring Solution après cette belle performance ? 

Depuis notre retour, nous travaillons en entreprise chacun de notre côté, notamment pour pouvoir mettre de l’argent de côté. A partir de janvier, je me consacrerai à plein de temps à Mooring Solution et Louis gardera encore son emploi actuel. Il viendra en renfort, les week-ends, le soir et dès qu’il aura du temps libre.

Notre objectif c’est de pouvoir faire des tests sur notre prototype l’été prochain. D’ici mai-juin 2023, nous espérons avoir un prototype fini pour en faire quelques copies à donner à des amis, à des proches qui feront de la voile pendant l’été pour qu’on puisse tous le tester. Nous partirons nous aussi en croisière test. Et si les tests sont concluants, pourquoi pas un lancement commercial pour le printemps 2024. 

Mesurez-vous le chemin parcouru ces derniers mois ? 

Je nous revois en septembre 2021 à aller toquer à la porte de Françoise Perrin. Nous avions le concept, mais aucune idée de par où commencer. Faire une présentation ? Un prototype ? Heureusement Françoise Perrin nous a bien aiguillés, elle nous a canalisés, nous avions beaucoup d’énergie et elle a su diriger cette énergie pour nous faire avancer. Elle nous a donné des caps.

On a tout donné pour les Entrep’, puis pour le Start-up challenge. Nous avançons par objectif à quelques mois. Désormais, nous sommes prêts à tout donner pour le prototype.

Qu’est-ce que vous diriez à un étudiant ingénieur qui souhaite se lancer dans l’entreprenariat ? 

Il ne faut pas vouloir trouver une idée à tout prix révolutionnaire. Il faut se concentrer sur un problème très précis, dans un domaine dans lequel on est expert. Il ne faut pas chercher à vouloir développer le futur Apple ou Google mais vouloir développer une entreprise pérenne qui donne des revenus. Dans l’entreprenariat, on parle beaucoup de licornes et trop peu du reste. Il y a des gens qui créent des PME et qui vivent très bien.