L'école

Actualités

[#Alumni] Sami Mimouni, fondateur et directeur général de SMT Performances

Publié le 09 juillet 2022

Enfant, Sami Mimouni rêvait de devenir ingénieur. Pour créer. Après une classe préparatoire à Tours, il intègre Centrale Marseille pour en sortir diplômé en 2016. Il se lance d’emblée dans l’entrepreneuriat. Grand bien lui en prend. Sa start-up, SMT Performances, est aujourd’hui en hypercroissance et comble des clients sur tous les continents !

Sami nous raconte l’histoire de son aventure entrepreneuriale et partage les meilleurs souvenirs de sa vie centralienne. 

Sami Mimouni (promotion 2016), fondateur et président de STM Performances, a conçu le traceur GPS Pégase, qui a convaincu des dizaines de milliers de motards dans plus de 70 pays. 

Vous avez créé SMT Performances, en novembre 2016, une start-up qui commercialise Pégase. Ce traceur GPS signale le vol de sa moto, trace son parcours en temps réel, avec une « précision diabolique » (dixit Ouest-France), analyse le pilotage et mesure les performances, sur route et circuit. Comment vous est venue cette idée ? 

Motard depuis l’âge de 14 ans, je suis aussi passionné d’électronique. Après avoir fait mon alternance à Centrale Marseille en tant qu’ingénieur méthode à la SNCF, j’ai eu envie de créer ma propre société. Je me suis alors souvenu de cette moto que je m'étais fait voler quand j’avais 16 ans. Je l’avais entièrement refaite avec mes économies... Ce fut un véritable déchirement. Je me suis donc dit qu'il fallait trouver une solution pour éviter les vols et surtout retrouver sa moto en cas de vol. J’ai donc conçu le traceur Pégase.

Le traceur alerte en cas de vol et permet de retrouver sa moto ; il enregistre aussi les itinéraires et compile les performances et autres données de pilotage (vitesse, freinage, inclinaison, accélération, durée, distance...). Les informations sont transmises via une application gratuite.

Vous avez été accompagné par Pépite, puis par l’incubateur Centrale-Audencia-Ensa. Pourriez-vous décrire quelle aide vous ont apporté ces différents organismes ? 

Pépite m’a permis de découvrir le monde de l’entrepreneuriat et de structurer ma démarche entrepreneuriale en mettant le client au centre de l’entreprise. J’ai ensuite été accompagné par l’incubateur Novapuls pour ma levée de fonds. Quant à l’incubateur Centrale-Audencia-Ensa, il m’a permis de grandir sereinement en mettant à disposition des locaux et des experts capables de m’aider à prendre les meilleures décisions stratégiques, notamment concernant la distribution.


Le traceur alerte en cas de vol et permet de retrouver sa moto ; il enregistre aussi les itinéraires et compile les performances et autres données de pilotage (vitesse, freinage, inclinaison, accélération, durée, distance...). Les informations sont transmises via une application gratuite.


La commercialisation de Pégase a débuté en mai 2019, avec succès. Moto Magazine l’a élu meilleur traceur GPS 2020 et Moto Journal lui a attribué la note de neuf sur dix.
Comment les premiers mois et premières années d’activité se sont-ils déroulés ?

J’étais seul les deux premières années d’existence de SMT Performances. J'ai donc franchi seul les étapes suivantes : création d’un prototype (6 mois), étude de marché et test du prototype auprès du marché (1 an), industrialisation du produit (1 an), première levée de fond (mai 2019), recrutement des trois premiers salariés qui deviendront co-fondateurs et lancement commercial. 

L’équipe, presque complète, de STM Performances, basée à Saint-Herblain.

Comment se porte SMT Performances aujourd’hui ? 

Basée à Saint-Herblain (44), SMT Performances est aujourd’hui animée par une équipe de quinze personnes. L’entreprise est en hypercroissance, avec un chiffre d’affaires multiplié par trois chaque année depuis trois ans, une implantation et une distribution dans toute l’Europe et des clients sur tous les continents.

Nous ambitionnons de devenir leader sur le marché européen et de conquérir de nouveaux marchés.

Avez-vous des concurrents, en France ou à l’international ? 

Oui, et heureusement ! Nous sommes une dizaine d’acteurs à travers l’Europe. 

Nos clients sont ravis des services que nous leur apportons, comme l’illustrent nos notes sur internet : plus de 1 000 avis, avec une note moyenne de 4,8 sur 5. Nous avons déjà récupéré plus de cent motos volées. Nous envisageons par ailleurs de développer d’autres services, mais je ne peux pas en dire davantage pour le moment.

Vous avez créé SMT Performances pour développer des systèmes d’aide à la conduite dans le but d’améliorer l’expérience de conduite des motards et diminuer le nombre de blessés et tués sur les routes. Où en est ce projet ?

Il suit son cours. Les 20 millions de kilomètres que nous avons collectés nous permettent de créer des algorithmes d’anticipation des accidents. Ceux-ci pourront être exploités dans de prochains produits afin de proposer, avec nos partenaires, une solution de sécurité active en prévenant les motards lorsque leur conduite risque de provoquer un accident dans les cents prochains mètres.

Qu’avez-vous découvert en pénétrant le monde de l'entreprise ?

J’ai réalisé que la technique ne représente qu’une infime partie de la réussite d’une entreprise. Avoir le bon produit est indispensable, mais très loin d’être suffisant pour réussir. Ce qui compte et ce qui fait la différence, c’est l’exécution, la façon dont le projet est mené. Il faut arriver à ne négliger aucun aspect (humain, technique, organisationnel, etc.) et être bon sur chacun d’entre eux.

Qu’auriez-vous écrit si vous aviez dû rédiger un rapport d’étonnement sur vos premières années de vie professionnelle ? Qu’est-ce qui vous a paru simple et qu’est-ce qui vous a paru plus compliqué ?

Il est finalement très simple d’aborder des personnes haut placées, comme des PDG de grands groupes ; ils sont souvent ravis d’aider les jeunes entrepreneurs. Ce qui est plus compliqué, en revanche, c’est de savoir gérer les montagnes russes émotionnelles. On peut avoir l’impression d’être un génie le matin, un idiot à midi et à nouveau un génie le soir.

Enfin, ce que l’entrepreneuriat m’a appris et que l’on n’apprend pas lorsque qu’on a eu un parcours scolaire facile, c’est à échouer. Il m’arrive de me tromper, de prendre de mauvaises décisions, d’échouer. J’ai appris, au fil de ces cinq ans, que toutes ces erreurs me permettent d’apprendre et d’évoluer.

Que retenez-vous de votre vie à Centrale Marseille ?

L’alternance. J’ignorais qu’elle existait en école d’ingénieurs. Elle complète parfaitement la formation théorique. L’alternance à Centrale Marseille a été une vraie chance pour moi, puisque, sans elle, je ne me serais jamais lancé dans l’entrepreneuriat. Cette première expérience a été fondatrice.

Des professeurs vous ont-ils marqué ?

Françoise Perrin, que je revois de temps en temps, et un prof d’électromagnétisme dont le nom m’échappe.

Votre meilleur souvenir ?

Les après-midi à jouer aux échecs sur la plage !

Un message à faire passer aux élèves ingénieurs ? 

Ne pas hésiter à prendre des risques et ne pas avoir peur d’échouer. L’échec, c’est de ne rien tenter.

A lire également