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Transition écologique : les élèves ingénieurs de première année créent une COP

Published on 12 July 2022

Engagée sur les sujets sociétaux et environnementaux, l’École étend son action. En atteste la semaine Train’Ing qui vient de clore l’année scolaire. L’objectif pour les élèves de première année : simuler la création d’une Conférence des parties (COP), chargée de proposer des solutions communes au dérèglement climatique. 

Une expérience inédite conçue en partenariat avec Projet Celsius et deux élèves en césure au sein de l’entreprise, Jézabel et Léa.

Et vous, quel rôle jouerez-vous dans la transition écologique 


 

Vendredi 24 juin. 9 h 30. L’amphi James Prescott Joule est plein à craquer : des yeux bien ouverts, des sourires généreux, des boutades qui fusent ; dans l’air, une énergie électrisante et une bonne humeur caractéristique. Les élèves de première année viennent de passer leurs évaluations de fin d’année. Dans quelques heures, ils quitteront école et professeurs pour commencer leur stage de fin d’année. Une nouvelle aventure ! Mais, pour le moment, ils sont visiblement heureux de se retrouver, fiers du travail accompli depuis lundi.

Pour la dernière semaine Train’Ing, l’École les a en effet investis d’une mission inédite : créer une Conférence des parties (COP), dans le sillage des rencontres interétatiques éponymes. Rien de moins. En quatre jours, les protagonistes devront trouver des solutions communes pour limiter le réchauffement climatique et réduire l’impact de ses conséquences dans trois domaines : la biodiversité, l’énergie et les ressources. Pour les élèves ingénieurs centraliens, c’est une première.

Découverte, expertise, négociation, dénouement

  • Lundi, les futurs ingénieurs se sont familiarisés avec le format et les enjeux d’une Conférence des parties. Constitués en groupes, ils ont créé une COP par thème (biodiversité, énergie, ressources) et défini, pour chacune d’entre elles, cinq rôles : les politiques, les lobbyistes, les scientifiques, les journalistes et les citoyens. 

  • Mardi et mercredi, ils ont assisté à des séminaires, consacré un temps substantiel à une recherche documentaire à partir d’un fonds scientifique, relevé des défis individuels, pour parvenir à s’emparer du dernier rapport du GIEC et affûté leurs connaissances, qui ont été évaluées.

  • Jeudi, les défis sont devenus collectifs : les élèves devaient résoudre une énigme pour pouvoir constituer un dossier d’inscription à la COP ; des sièges ont été attribués en fonction des résultats des défis collectifs et individuels. Dès lors, les tractations ont pu débuter. Politiques, lobbyistes, scientifiques, journalistes et citoyens devaient faire adopter le maximum de leurs propositions dans leur COP respective, en fonction d’objectifs secrets attachés à chaque rôle !

  • Vendredi, les résultats des trois COP ont été annoncés et les élèves ont produit un écrit réflexif sur cette expérience originale, conçue en partenariat avec Projet Celsius et les deux élèves en césure que l’entreprise accueille en stage, Léa Aurel et Jézabel Cholin.

L’École mise beaucoup sur les méthodes pédagogiques fondées sur la mise en situation pour acquérir connaissances et compétences. © Projet Celsius

Un exercice de pédagogie expérientielle

Sous un format ludique, cette semaine Train’Ing devait permettre aux élèves de valider les acquis cumulés au cours des différents projets menés pendant leur première année de formation ingénieur : la recherche d’informations et la synthèse documentaire (projet innovation sur la précarité énergétique), la gestion de projet (Mooc et apports théoriques), le travail en équipe (Défi Dingo et CAP), mais aussi la communication ou encore les connaissances scientifiques. 

Dans le domaine des compétences dites humaines, les élèves ont développé des qualités liées à la stratégie de négociation et de vote, au sens de l’écoute, à la gestion des aléas, à la coopération, etc. Les futurs ingénieurs ont dû mobiliser leur intelligence collective pour assimiler rapidement un grand nombre d’informations et trouver un compromis en dépit d’attentes, de contraintes et d’intérêts divergents. 

Des productions 100 % originales

Mèmes, photographies, vidéos, logos... les élèves ont laissé libre cours à leur créativité pour aborder des sujets sérieux, et même cruciaux, avec parfois une dose certaine d’humour, y compris jusque dans les techniques d’intimidation, redoutables et redoutées, destinées à faire valoir les propositions des uns et des autres, lobbyistes, politiques, scientifiques, citoyens. 

Pour autant, au-delà de l’ambiance détendue propre à cette fin d’année, les élèves ont évidemment pris leur mission à cœur. Guillaume et Clément, du Projet Celsius, ont d’ailleurs lorgné sur un logo particulièrement bien imaginé. De même, ils se sont déclarés impressionnés par les résultats au questionnaire sur le GIEC auxquels ont participé les élèves.

 

Et qui dit négociations dit... techniques d’intimidation ! © Projet Celsius

Valider une partie des compétences de l’ingénieur centralien

Concrètement, l’exercice a permis de monter en compétence sur des thématiques scientifiques (la biodiversité, l’énergie, les ressources), acquérir de nouvelles connaissances, construire une narration pour emporter l’adhésion du plus grand nombre, gérer la complexité liée à la recherche du compromis et illustrer les contraintes, non scientifiques, qui peuvent survenir dans toute vie professionnelle.

Les élèves ont été mis en situation, puis observés et évalués individuellement et collectivement tandis qu’ils travaillaient ensemble, sous contraintes et pris dans des situations parfois inextricables. 

La construction de cette COP a ainsi permis d’aborder l’une des compétences de l’ingénieur centralien au niveau novice, la vision stratégique, et de valider le niveau intermédiaire d’une deuxième : l’appréhension de la complexité.

Chaque groupe disposait de son propre « quartier général ». 

Repenser le progrès

Ce vendredi 24 juin, l’amphi James Prescott Joule résonnait aussi des mots de la directrice, Carole Deumié, venue saluer les élèves et leur implication dans l’émergence de cette première COP Centrale Marseille : « Qui prend véritablement le temps de lire les rapports du Giec ?, les interpella-t-elle. Qui a entendu parler du rapport Meadows ? Nous ne pouvons plus penser que le progrès peut reposer sur l’exploitation infinie de ressources finies. Nous devons collectivement redéfinir ce que nous appelons progrès. » 

Et la directrice de rappeler quelques-unes des actions menées cette année au chapitre des transformations responsables engagées par l’École : la signature de l’Accord de Grenoble, émanant de la COP2 Étudiante, et de la feuille de route portée par le collectif GITE (Groupe interCentrale pour la transition écologique) et le Groupe des écoles Centrale [voir supra, l’interview d’Audrey Soric, directrice de la formation]. 

Signe de l’amplification de l’action : le recrutement, pour la rentrée de septembre 2022, d’un directeur de cabinet, également en charge de la mission RSE de l'établissement. Directement connecté à la direction, le ou la titulaire du poste articulera les différentes feuilles de route qui portent la politique de transformations responsables de l’École. Il ou elle s'appuiera sur un comité de pilotage, en cours de composition, et sur l’ensemble de la communauté centralienne : institution, personnels, enseignants-chercheurs et élèves ingénieurs. En outre, un conseiller prévention, également en cours de recrutement pour la rentrée, consacrera la moitié de son temps à collecter toutes les données et indicateurs d’avancement sur les thèmes identifiés.

Tout en offrant à chaque élève la possibilité d’explorer une variété de voies, l’École se donne les moyens de former des professionnels actifs, efficaces et responsables dans le nouveau monde à construire. Parmi les objectifs annoncés par la directrice pour la rentrée prochaine : aller plus loin pour augmenter l’impact de l’École.

Cette semaine Train’Ing inédite a été construite et organisée par le service et la direction de la formation et les enseignants, en partenariat avec Le Projet Celsius, qui accueille deux élèves ingénieures en césure, Léa Aurel et Jézabel Cholin.

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Jézabel Cholin et Léa Aurel, élèves ingénieures centraliennes, co-organisatrices de cette semaine Train’Ing inédite.

Léa Aurel et Jézabel Cholin, élèves ingénieures de deuxième année en stage chez Projet Celsius et co-organisatrices de la semaine Train’Ing spéciale COP
« Nous avons voulu donner des clés pour s’engager dans la lutte contre le changement climatique »

Dans quel cadre participez-vous au projet Celsius ? Et pourquoi les avoir choisis ?

Actuellement en césure, nous sommes en stage de cinq mois. Nous avons choisi le Projet Celsius après avoir assisté à l’une de leurs interventions à l’École. Nous étions intéressées par les différentes actions qu’ils mènent : sensibilisation et formation aux enjeux climatiques, calculs de bilans carbone, accompagnement à la transition des écoles et entreprises... De plus, nous aimerions toutes deux nous engager en faveur de la cause climatique dans nos futurs métiers. 

Quelles sont vos missions ? 

Elles sont très variées et diverses. Le Projet Celsius étant une entreprise jeune et grandissante, les missions ne sont pas réellement prédéfinies. Par exemple, nous avons créé et animé des séances de sensibilisation auprès d’une classe de lycéens, à Marseille. Nous avons aussi contribué à façonner la nouvelle version du jeu de cartes Carboniq, imaginé par le Projet Celsius.

Le climat est un sujet très vaste, qui évolue en permanence : nous avons donc lu et assimilé de nombreux documents scientifiques pour en produire des synthèses. Cette documentation supplémentaire servira aux formations dispensées par le Projet Celsius.

Nous avons également travaillé sur le développement d’une nouvelle méthode de calcul de bilan carbone, qui se base sur la comptabilité d’une entreprise.Nous nous sommes penchées sur la construction du nouveau site internet du Projet Celsius. Enfin, nous avons réalisé de nombreux contenus pédagogiques pour la semaine COP à Centrale. À cette fin, nous avons mené une recherche bibliographique, élaboré un QCM portant sur le rapport du GIEC, réfléchi à la construction des exercices et à l’aspect pédagogique et ludique de la semaine. 

Qu'attendez-vous de votre stage ?

Nous voulons acquérir de nouvelles connaissances scientifiques sur le sujet du climat, mais aussi sur la pédagogie et sur la manière de vulgariser le sujet pour toucher un grand nombre de personnes. De plus, nous souhaitions découvrir le monde de l’entreprise et notamment des startups : comment créer sa propre structure et comment la gérer soi-même. 

Comment avez-vous collectivement organisé cette semaine Train’Ing ?

En amont de la semaine COP, nous avons commencé par nous répartir les tâches : nous travaillions plutôt sur la création du contenu pédagogique, tandis que Clément et Guillaume faisaient le lien avec l’École et préparaient le bon déroulement de la semaine, tout en nous guidant pour créer les contenus. 

Quels sont les objectifs de cette COP Centrale Marseille ? 

Cette semaine a concerné toute la promotion 1A. Nous espérons avoir réussi à sensibiliser un grand nombre d’entre eux et à leur donner les ressources nécessaires pour comprendre les enjeux ainsi que des clés pour s’engager dans la lutte contre le changement climatique. 

Auriez-vous un message à faire passer ?

Avant de pouvoir agir pour la transition environnementale, il est nécessaire de posséder des connaissances clés sur le sujet. Nous pensons qu’il est dans le rôle des grandes écoles comme Centrale Marseille de former des ingénieurs aptes à transformer le monde de manière juste et en cohérence avec le changement climatique.

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Audrey Soric, directrice de la formation
« Les ODD de l’ONU représentent environ 200 heures de formation en première année du cursus ingénieur »

Comment l’école forme-t-elle aux enjeux écologiques ?

Si nous agissons de longue date, cette année, nous avons particulièrement augmenté le volume d’activités de formation en lien avec les objectifs de développement durable (ODD) de l’Organisation des Nations Unies et impulsé de nouvelles expérimentations, à l’instar de la semaine Train’Ing dédiée à la première COP de l’École. 

Nous n’avons pas comptabilisé, à l’heure près, le temps de formation consacré aux enjeux sociétaux et environnementaux, mais nous approchons les 200 heures, avec la Journée climat (8 heures), la semaine Train’Ing sur les enjeux de transition (24 heures), le Défi Dingo (6 demi-journées), le projet innovation sur la précarité énerétique (96 heures) et la semaine COP qui vient de se dérouler (30 heures). Ceci vaut pour les élèves ingénieurs de première année. 

Dans le cadre du projet innovation, les élèves ont dû maquetté le dispositif qu’ils avaient imaginé pour répondre au problème de la précarité énergétique

Quid des deuxième et troisième année ?

Pour les deuxième année, la formation se déroule dans le cadre d’activités Train’Ing et des parcours thématiques (260 heures) du semestre 8 liés aux ODD. En troisième année, les élèves choisissent leur option d’approfondissement (400 heures) : Green (chimie et procédés durables), Climaths (Mathématiques et modélisation pour le climat, la Terre et l’Homme), Méca (Matériaux et structures, fluides, mer), entre autres, se conjuguent ainsi avec les enjeux environnementaux. 

L’École a signé, cette année, la feuille de route conçue par le Groupe InterCentrale pour la transition écologique (GITE) et le Groupe des écoles Centrale. Quelles premières actions avez-vous mises en œuvre consécutivement ? 

La feuille de route élaborée par les élèves ingénieurs du GITE et les directions des écoles Centrale a permis d’accélérer la transformation du cursus ingénieur à Centrale Marseille comme dans les autres écoles du Groupe. Nous remplissons d’ores et déjà trois des six engagements : inclure dans les fondamentaux du cursus ingénieur centralien les activités de formation sur les enjeux socio-environnementaux (semaines Train’Ing sur les enjeux de transition et la COP) ; estampiller des projets au sein du cursus selon les objectifs de développement durable de l’ONU (Défi Dingo, projet innovation) ; valoriser l’engagement citoyen ou associatif en lien avec les objectifs de développement durable (le service citoyen). 

Nous concevons des projets qui combinent les ODD avec l’intégration des compétences de l’ingénieur centralien. À l’avenir, nous veillerons sans doute à renouveler les formats pour éviter tout essoufflement. Le panel d’actions reste vaste. 

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