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L'école

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Rencontre avec Pauline Eveno qui représentera la France lors du G20 YEA 2019 de Fukuoka

Published on 06 May 2019

Pauline Eveno (promotion 2009) fera partie des 36 entrepreneurs qui représenteront la France lors du G20 des jeunes entrepreneurs les 16 & 17 mai 2019 à Fukuoka. Aux côtés de 600 autres jeunes entrepreneurs, elle participera à l’élaboration des recommandations en faveur de la croissance, de l’emploi et de l’innovation pour une société durable qui seront présentées aux Chefs d’Etat des pays du G20.

Des bancs de Centrale Marseille jusqu’à la création de votre entreprise Syos, pouvez-vous nous raconter ce qui s’est passé ?

Alors ce qui est amusant c’est que je n’ai jamais eu comme ambition de créer une entreprise… En parallèle de ma 3e année à Centrale j’ai eu l’opportunité de suivre un Master Recherche en Acoustique au LMA. Cette expérience m’a donné envie de continuer dans la recherche. J’ai donc réalisé une thèse sur l’acoustique des instruments de musique à vent à l’Ircam. Je suis ensuite partie à l’Université McGill à Montréal pour un postdoc d’un an. Je devais étudier l’influence de la géométrie des becs de saxophone sur le son de l’instrument. Pour pouvoir comparer les résultats de mes simulations acoustiques au ressenti des musiciens en cours de jeu, j’ai décidé d’utiliser l’impression 3D pour fabriquer des répliques exactes des géométries de becs que j’avais étudié. Les musiciens ont tous été emballés par ces becs d’un nouveau genre. Ça a été le déclic, pouvoir créer un produit à partir du résultat de mes recherches est devenu pour moi un défi passionnant et j’ai décidé de monter Syos, une startup proposant des becs fabriqués sur-mesure, selon le son recherché par chaque musicien.

L’échelle mondiale du réseau G20 compte-t-elle beaucoup pour vous ?

Oui bien sûr, avec Syos on est allé à l’international dès la création de l’entreprise. Aujourd’hui on vend 80% de nos becs à l’étranger. Il est donc vital pour nous de nous ouvrir aux mondes. Et puis j’ai toujours aimé voyager et découvrir de nouvelles cultures. Quand j’étais à Centrale j’ai eu l’occasion de faire un stage en Suède (sur l’acoustique des tuyaux d’orgues) et un autre au Mexique (sur l’acoustique du trombone). On apprend beaucoup en se confrontant à d’autres cultures, on gagne en ouverture d’esprit.

Que pensez-vous du thème de cette année « Imagination Economy for Sustainable Future » ?

C’est un thème très intéressant. En effet nous sommes en train d’assister à un changement de paradigme. Grâce à internet, à partir du moment où vous êtes connectés, l’endroit où vous habitez n’a plus vraiment d’importance. Vous avez accès à la connaissance (Youtube, Mooc), vous pouvez communiquer et collaborer avec quelqu’un à l’autre bout du monde. Grâce à l’impression 3D j’ai pu prototyper mes becs de saxophone en quelques mois et créer une véritable usine de production en quelques années en plein centre de Paris. Grâce aux réseaux sociaux nous avons pu communiquer à l’international et ainsi obtenir des clients et des artistes ambassadeurs dans des pays où nous n’avons même jamais mis les pieds. Cela n’aurait jamais été possible il y a quelques années. Avec l’imagination economy, c’est la créativité qui devient la base de l’économie et en tant que musicienne forcément je trouve ça très intéressant. Une personne, où qu’elle se trouve dans le monde, peut ainsi devenir complètement acteur de son futur. C’est une nouvelle ère qui peut ainsi réduire les inégalités, en tout cas c’est ce que j’espère. Et bien sûr cette nouvelle économie il faut la penser de manière durable pour préserver notre planète.


 

Selon vous, l’innovation à la française, c’est bien parti ?

La France est un pays de technologie et d’innovation. Nous avons la chance d’être beaucoup aidé par l’État dans cette quête d’innovation grâce notamment au crédit impôt recherche et avec d’autres subventions de la BPI comme par exemple le Concours d’Innovation Numérique.

En tant que femme entrepreneuse, avez-vous dû combattre des idées reçues ?

Pas vraiment en fait, j’ai l’impression qu’en tant que femme entrepreneur j’ai reçu beaucoup de soutien. C’est d’ailleurs parce que j’ai remporté le prix jeune entrepreneurE d’avenir de l’OFQJ que j’ai l’occasion de participer à ce G20.

Un conseil à donner à des élèves-ingénieur.e.s qui voudraient se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Je pense que la clé c’est la passion, il faut avoir cette passion pour être heureux de se lever tous les matins pour aller travailler et surtout de la persévérance pour braver les obstacles, se relever après un échec et surtout défendre son projet jour après jour. Mon conseil pour quelqu’un qui se lance c’est de ne pas avoir peur de parler de son projet il faut en parler à tout le monde en fait, tous les jours, pour avoir des avis extérieurs, pour commencer à se poser des questions, pour commencer à se faire des contacts... C’est ça la clé du démarrage je pense. Se confronter à son marché.